Aussi fin que de la dentelle

Aussi fin que de la dentelle
La sacro-sainte précision Suisse n'est pas l'apanage de la seule horlogerie. Et de loin s'en faut, car le geste de l'ordre du micro se cache aussi dans un tout autre domaine : le découpage... Quand on parle de découpage papier, vous pensez certainement aux fameuses représentations du Pays d'Enhaut et aux traditionnelles poyas… et bien non ! Ici, comme dans d'autres domaines, les choses ne sont pas cloisonnées. Parfois, cet art évolue de façon singulière selon les artistes qui embrassent cette passion. C'est le cas de la découpeuse valaisanne Muriel Jeanmonod Salamin qui a choisi d'appréhender différemment cette technique. "Chaque découpeur à son style, sa patte ! Nous avons tous un autre regard et un coup de scalpel différent et c'est la magie de cet art. Il raconte une histoire et évolue tant dans la tradition que dans une folle modernité. Moi j'ai choisi de travailler de façon plus "photographique".


Une feuille, un scalpel et un peu de magie... Au dos d'un papier noir se dessine la silhouette d'un village, d'un paysage, d'un portrait ou encore d'un animal de notre faune local. Toutes les représentations sont possibles, seule contrainte, respecter le caractère du dessin en jouant avec le noir et le blanc, les ombres et les lumières, les pleins et les vides. Tout est dans les détails.


Et du détail il y en a dans les œuvres de Muriel. À la pointe de son scalpel, elle évide, patiemment et sûrement les parties qu'elle souhaite mettre en lumière. Un travail de fourmi et de finesse qui finalement créera une véritable dentelle. "Un des challenges est que le découpage soit en un seul morceau. Pour les portraits c'est parfois un sacré défi car il faut garder les traits de caractère du personnage, pareil pour les animaux."
En plus d'un sacré coup de main, cet art (venu de Chine) demande de la patience, beaucoup de patience. 

 

Pour chaque création, il faut compter des dizaines d'heures de découpage, les yeux rivés sur sa loupe. Peu importe, Muriel est passionnée. Elle essaye de découper tous les jours. "Parfois on se fait emporter par la passion, le temps file vite quand on découpe ! Mais en même temps cet art demande de l'entraînement. J'ai appris seule et j'ai eu la chance de profiter des conseils des artistes que j'ai rencontrés. Mais il n'y a pas de miracle, il faut couper, couper et encore couper pour avoir une main sûre et ensuite arriver à trouver son style !"

 

Aujourd'hui, après deux ans, l'artiste a trouvé son propre langage et sort de son atelier pour nous faire découvrir ses créations. Modernes et graphiques, les découpages de Muriel Jeanmonod Salamin sont des petits bijoux qui nous font voyager au cœur de notre beau Valais. Mais vous avez également la possibilité de lui commander votre création personnelle. Ses portraits ont beaucoup de force et chaque découpage est une pièce unique ! Il va sans dire que nous vous conseillons une jolie balade en Anniviers pour aller admirer ces dentelles de papier qui seront exposées du 14 février au 6 mai 2020 à la Galerie Cholaïc à Mission dans le Val d'Anniviers (ouvert du mercredi au samedi de 8h à 22h et le dimanche de 8h à 15h - entrée libre). Et si vous avez envie de rencontrer cette découpeuse bien de chez nous, Muriel Jeanmonod sera présente le 6 mars dès 16h à la Galerie pour une démonstration qui sera suivie à 18h30 d'un apéritif.